Lorsque le corps est privé de sa dose quotidienne de sommeil, cela peut engendrer quelques conséquences alarmantes dont l’une des plus inquiétantes est probablement la « micro-sieste » ou le « micro-sommeil ».

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Vous en avez peut-être déjà fait vous-même l’expérience, et ce, sans vous en être rendu compte ; cette situation peut se résumer par une sensation de somnolence terrible malgré tous les efforts de se maintenir éveillé jusqu’à finalement s’endormir un tout petit instant et qu’ensuite l’on se réveille avec une secousse soudaine de la tête.

L’expérience peut durer entre une simple fraction de seconde à 10 secondes maximum.

Un laps de temps plutôt court, mais qui est loin de rassurer le monde. Le problème est que cela puisse se produire alors que vous êtes au volant d’une voiture et nous sommes bien au fait qu’un accident est si vite arrivé.

Dans la section The Crux sur le blog du Magazine Discover, il a récemment été rapporté que pendant ces micro-siestes, certaines parties du cerveau se déconnectent pendant quelques secondes, le reste du cerveau restant éveillé.

Cela signifie que lors de ce processus, nous sommes ni tout à fait endormis ni tout à fait éveillés. « C’est un peu comme être un zombie pendant quelques instants – sans toute la partie qui pousse à manger de la chair humaine », écrit Megan Schmidt pour le blog.

Aussi, une recherche révèle que certaines parties de notre cerveau « tentent de rétablir la réactivité » de celles qui s’arrêtent, provoquant peut-être le choc soudain que nous ressentons lorsque la tête commence à se baisser lors du micro-sommeil.

Et bien que cela puisse arriver à n’importe qui, les personnes privées de sommeil sont les plus exposées.

Bon Jovi a dit : « Je vivrai de mon vivant, je dormirai quand je ne serai plus de ce monde ». C’est une pensée enivrante, mais la vérité est que ne pas dormir suffisamment vous consume !

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C’est ce que Matthew Walker, neuroscientifique spécialiste du sommeil, explique dans son livre intitulé « Why We Sleep », publié en octobre 2017. D’après ce dernier : « Plus votre sommeil est court, plus votre vie sera courte ».

Spaetz/Flickr

Pas moins de 16,5 % des accidents fatals sont causés par le micro-sommeil selon la Fondation AAA pour la sécurité routière.

Ainsi, plusieurs catastrophes et tragédies imputables à l’actualité dans le monde ont été attribuées au micro-sommeil. Parmi toutes les catastrophes liées à ce phénomène, on peut citer le crash du vol 447 d’Air France en 2009 ayant coûté la vie à 228 personnes à son bord.

Notant qu’après avoir écouté des enregistrements de l’avion, les enquêteurs avaient découvert que le commandant de bord se plaignait de ne pouvoir dormir que pendant 1 heure. Et effectivement selon Walker, même perdre seulement une heure de sommeil pourrait être dommageable.

Dans une expérience publiée en 2012, des participants avaient été conviés à jouer pendant 50 minutes à un jeu d’ordinateur assez ennuyant consistant à poursuivre une cible en mouvement sur un moniteur à l’aide d’une manette de commande. Et pendant ce temps, des recherches ont été effectuées sur les mouvements oculaires et l’activité cérébrale, à la recherche de signes de somnolence.

D’après le rapport final, les sujets ont vécu en moyenne 79 épisodes de micro-sommeil, certains épisodes ayant duré 6 secondes. Il n’est donc pas surprenant que le micro-sommeil soit dangereux.

Une autre étude réalisée en 2012 par le Centre australien de recherche sur les accidents et la sécurité routière a révélé que chez les conducteurs somnolents, la suppression des premiers signes de somnolence fait une grande différence.

Tous les participants ont présenté des niveaux extrêmes de somnolence au bout de 40 minutes d’un test de conduite simulé après un réveil matinal.

Dans le rapport publié par l’Université de technologie du Queensland, Chris Watling, responsable de l’étude, a déclaré : « Le plus important est que vous remarquiez des signes de somnolence ».

Certains inventeurs ont conçu des produits tels que le bracelet électronique STEER permettant de détecter le niveau de votre somnolence en analysant votre pouls, et vous avertit lorsque votre état de sommeil est proche. Il promet ainsi « une protection garantie contre le sommeil ».

Il semble toutefois que la meilleure solution pour prévenir ce trouble soit tout simplement d’obtenir une quantité suffisante de sommeil de bonne qualité. Faire une sieste après une nuit agitée serait également conseillé.


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