Nous possédons différents types de mémoire. Chacune d’entre elles a un rôle prédéfini qu’elle doit assurer. La mémoire à long terme, par exemple, nous permet de stocker des informations importantes et des souvenirs marquants.

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À contrario, celle à court terme enregistre les évènements plus récents afin de nous permettre de garder nos repères dans la vie quotidienne.

Tout comme notre mémoire à long terme est sélective et possède des caractéristiques qui lui sont propres, celle à court terme se différencie par certaines spécificités. Et cette dernière nous mentirait. 

En effet, elle nous donne une illusion de stabilité nécessaire à notre évolution dans notre environnement. Ainsi, la seconde fois que l’on regarderait un objet est altérée par la première image que notre cerveau en a enregistrée. Cela nous permet de reconnaitre ce qui nous entoure, même s’il y’a eu un changement de place ou a subi une légère modification.

Christoph Bledowski est un docteur en psychologie à l’Université de Goethe, en Allemagne. Il explique que même si l’idée de ne pas percevoir la réalité exactement telle qu’elle est peut-être alarmante, il s’agit en fait d’une bonne chose. 

Pour expliquer le processus, il décrit une situation anodine que l’on rencontre au quotidien. Lorsque nous voulons traverser la route, nous devons regarder de part et d’autre afin de nous assurer que la voie est libre. 

Josh Hild/Unsplash

Disons qu’au moment où nous regardons à gauche, nous apercevons une voiture et un cycliste. Durant les quelques secondes où nous tournons la tête vers la droite, ces deux véhicules auront changé d’emplacement. Si notre mémoire à court terme ne superposait pas les deux images, le cerveau en crée une autre et en arrive au résultat qu’il s’agit d’une nouvelle situation.

Cela pourrait être très déstabilisant et devenir handicapant, puisque dans le cas cité, un nouveau trafic se crée à chaque fois. Cela fait qu’il est impossible de juger du moment parfait pour traverser. 

Une autre observation que Bledowski et son équipe ont fait est que cette mémoire travaille sur chaque objet séparément. Ainsi, l’étude se fait sur le point de départ de chacun des deux, et non pas sur la relation qu’il y’a entre eux lorsqu’ils sont en mouvement. 

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Cora Fischer, de la même université, explique que toute l’opération consiste à intégrer de nouvelles informations à un seul et même objet à travers le temps et l’espace. C’est l’information contextuelle. Ce schéma s’applique également sur les visages et les objets statiques. 

Les spécialistes du domaine ont encore du chemin à faire pour cerner toutes les nuances que présente le mécanisme de la mémoire. Entre les faux souvenirs, la sélectivité, la suppression de certains évènements, ce phénomène se révèle être de plus en plus complexe à mesure que les recherches avancent. 


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