Natalija Kashuba

<p class="wp-block-paragraph">Il est courant d’utiliser des ossements
afin de reconstituer le visage ou le corps d’une personne ayant vécu des
millions d’années auparavant. Mais ce qui est moins habituel, c’est de pouvoir
le faire à partir d’un simple chewing-gum !</p><script type="text/plain" data-tcf="waiting-for-consent" data-id="26251">CjwhLS0gV1AgUVVBRFMgQ29udGVudCBBZCBQbHVnaW4gdi4gMy4wLjMgLS0+CjxkaXYgY2xhc3M9InF1YWRzLWxvY2F0aW9uIHF1YWRzLWFkMjYyNTEgIiBpZD0icXVhZHMtYWQyNjI1MSIgc3R5bGU9ImZsb2F0Om5vbmU7dGV4dC1hbGlnbjpjZW50ZXI7cGFkZGluZzowcHggMCAwcHggMDsiIGRhdGEtbGF6eWRlbGF5PSIwIj4KCjwvZGl2Pgo=</script>



<p class="wp-block-paragraph">Tout a commencé il y a un peu moins de 6000 ans, par un morceau de goudron de bouleau utilisé comme chewing-gum et jeté par une jeune femme dans un lagon fréquenté par les pêcheurs sur la côte du sud du Danemark.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un chewing-gum très révélateur</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">En fouillant le site, des chercheurs
ont retrouvé la gomme en question et en ont remonté l’ADN pour ensuite peindre
son portrait. D’après les données conservées dans les gencives, il s’agit d’une
chasseuse-cueilleuse d’Europe continentale aux yeux bleus qui contrastent avec
son teint et ses cheveux foncés. ;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Baptisée “<a href="https://www.theguardian.com/science/2019/dec/17/neolithic-dna-ancient-chewing-gum-denmark#img-1">Lola</a>” par les scientifiques, il paraît qu’elle vivait
près du lagon danois, il y a environ 5 600 ;ans. Par ailleurs, d’autres informations d’ordre génétique ont été récoltées à partir des restes présumés de son dernier repas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On sait notamment que le goudron de
bouleau fabriqué en chauffant l’écorce de l’arbre servait d’adhésif naturel
depuis plusieurs centaines de milliers d’années. En outre, les archéologues
affirment qu’il était utilisé comme brosse à dents préhistorique grâce aux
substances antiseptiques qu’il renferme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est la première fois qu’on réussit à reconstituer un ancien génome complet à partir d’une gomme au lieu d’ossements, selon les déclarations de l’Anthropologue moléculaire à l’Université de Copenhague <a href="https://hannesschroeder.org/">Hannes Schroeder</a>. ;</p><script type="text/plain" data-tcf="waiting-for-consent" data-id="26257">CjwhLS0gV1AgUVVBRFMgQ29udGVudCBBZCBQbHVnaW4gdi4gMy4wLjMgLS0+CjxkaXYgY2xhc3M9InF1YWRzLWxvY2F0aW9uIHF1YWRzLWFkMjYyNTcgIiBpZD0icXVhZHMtYWQyNjI1NyIgc3R5bGU9ImZsb2F0Om5vbmU7dGV4dC1hbGlnbjpjZW50ZXI7cGFkZGluZzowcHggMCAwcHggMDsiIGRhdGEtbGF6eWRlbGF5PSIwIj4KCjwvZGl2Pgo=</script>



<figure class="wp-block-image size-full"><img src="https://ohchouette.com/wp-content/uploads/IMG-364-31122019-20-15-086157.jpg" alt="" class="wp-image-19658"/><figcaption>Il était possible de réaliser un profil génétique et physique de la mâcheuse à partir de traces d&rsquo;ADN. Tom Björklund.</figcaption></figure>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des études plus approfondies ;</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Après la découverte de la gomme
ancienne lors de fouilles à Syltholm, sur l’île de Lolland, Schroeder et son
équipier <a href="https://ku-dk.academia.edu/JensenTheis">Theis Jensen</a>, Chercheur à l’Université de Copenhague, ont lavé
les morceaux retrouvés et constaté une énorme quantité d’ADN.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Contre toute attente, celui-ci était largement
suffisant pour recréer un génome humain complet. Il a même révélé, d’après <a href="https://www.nature.com/articles/s41467-019-13549-9">un rapport
de Nature Communications</a>,
qu’il s’agissait d’une femme brune aux yeux bleus. Son âge reste inconnu, mais
tout porte à croire qu’elle était très jeune étant donné que le goudron était
populaire chez les enfants de cette époque.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Son <a href="https://jb.asm.org/content/192/19/5002">microbiome oral</a>, caractérisé par la collection de microbes vivants
dans la bouche, a permis de découvrir trois espèces bactériennes liées à une
maladie parodontale sévère et au <a href="https://www.news-medical.net/health/Streptococcus-pneumoniae-(pneumococcus)-Overview.aspx">Streptococcus
pneumoniae</a>, connu pour être la cause principale
de la pneumonie.</p><script type="text/plain" data-tcf="waiting-for-consent" data-id="26258">CjwhLS0gV1AgUVVBRFMgQ29udGVudCBBZCBQbHVnaW4gdi4gMy4wLjMgLS0+CjxkaXYgY2xhc3M9InF1YWRzLWxvY2F0aW9uIHF1YWRzLWFkMjYyNTggIiBpZD0icXVhZHMtYWQyNjI1OCIgc3R5bGU9ImZsb2F0Om5vbmU7dGV4dC1hbGlnbjpjZW50ZXI7cGFkZGluZzowcHggMCAwcHggMDsiIGRhdGEtbGF6eWRlbGF5PSIwIj4KCjwvZGl2Pgo=</script>



<p class="wp-block-paragraph">Ils ont également révélé la présence
du <a href="https://www.cdc.gov/epstein-barr/about-ebv.html">virus Epstein-Barr</a>, qui entraîne parfois une fièvre glandulaire. Cela
étant, ces signes ne signifient pas forcément qu’elle ait été effectivement
malade.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En outre, une autre recherche a été
conduite en mai par le Chercheur <a href="https://www.su.se/english/profiles/gother">Anders Götherström</a> de l’Université de Stockholm. Lui et son équipe
ont extrait<a href="https://www.nature.com/articles/s42003-019-0399-1"> des
sections d’ADN humain </a>d’un
goudron de bouleau mâché encore plus ancien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est donc clair que le goudron de bouleau est une
alternative efficace en l’absence d’os ou de dents dans le cadre d’études
archéologiques. Peut-être même que ce substitut ferait encore mieux avancer les
recherches, surtout s’agissant d’ADN provenant d’anciens agents pathogènes.</p>
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